EDITO
Parrain Conseil français des investisseurs : Interview de Stephen Decam, secrétaire général
Parrain Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire: Interview de Nicolas Djibo, président
Parrain Association des sociétés d’électricité d’Afrique : Interview de Didier Abel Tella, secrétaire général
Emploi Observatoire des compétences et des métiers : Suivre les étudiants après leurs diplômes
Technopôle La machine à créer des entreprises juniors
Filières Une offre de formation adaptée et diversifiée
CEMAC L’innovation de 2iE séduit
Agroalimentaire Innofaso lance une guerre contre la malnutrition
Portrait Moctar Dembélé et Gérard Niyondiko : deux étudiants-chercheurs de 2iE raflent le 1er prix de la GSVC à Berkeley
Journées Entreprises 2iE : au-delà d’un simple marché de l’emploi
Dirigeants et patrons d’Afrique de l’ouest sont unanimes sur un point : ces « journées entreprises » (je) organisées par 2ie en plein cœur de Ouagadougou les 13 et 14 juin, où sont attendus près d’une centaine d’entreprises et plus d’un millier de visiteurs, demeurent l’un des événements les plus importants sur le segment de la promotion de la formation et de la circulation des élites dans la région. Au-delà du concept de « marché de l’emploi » où les sociétés ne viendraient, en somme, que pour faire leurs emplettes, existe aussi l’idée de conduire les étudiants à développer leurs propres capacités entrepreneuriales. Autre enjeu que ne négligent pas les dirigeants de 2ie : montrer que la relation entre l’établissement et les entreprises a complètement changé de nature. Elle est devenue à la fois plus équilibrée et plus partenariale.
À toutes ces entreprises et tous ces visiteurs, l’institut va aussi expliquer qu’il a développé une nouvelle offre de formation, en ligne cette fois-ci, offrant la possibilité à des professionnels déjà en activité de se former tout au long de leur vie. Pour répondre aux exigences de flexibilité et de souplesse requises, 2iE a mis en place plusieurs formules avec une offre de formation professionnelle en présentiel, en alternance et/ou via Internet. Autre particularité : à tout moment de l’année, il est possible de démarrer cette formation diplômante ou qualifiante et d’acquérir rapidement les compétences auxquelles on aspire dans son emploi actuel ou pour son épanouissement personnel. Cette offre implique à ce jour des étudiants ou salariés issus de 45 pays.
L’institut 2iE, l’une des rares grandes écoles privées dignes de ce nom en Afrique subsaharienne, s’est affirmé par la volonté de Paul Ginies, son directeur général en poste depuis septembre 2004. Ce dernier est parvenu à révolutionner cet établissement en quasi-faillite à son arrivée en y introduisant le système LMD (licence, master, doctorat), en lançant avec succès le développement des unités de recherche, et enfin en se positionnant sur les filières du « green business ». De plus, les diplômes délivrés par 2iE sont reconnus et validés partout en Europe, une première pour un établissement africain. En outre, les diplômés d’un bachelor ou d’un master 2iE sont généralement 95 % à avoir trouvé un emploi dans les 6 mois suivant leur sortie de l'école. En matière de ressources financières, l’établissement a pu capter en plus des 14 États faisant partie de son conseil d'administration, l’intérêt des grands guichets internationaux (Banque mondiale, Agence française de développement) et entreprises pour le renforcement de ses capacités d’accueil avec la construction d’amphithéâtres. Les effectifs étudiants sont quant à eux passés de 220 en 2004 à plus de 2 000 en 2013 : ils ont donc été multipliés par dix en près de dix ans.
Prouver que ces étudiants sont tout aussi brillants que ceux des universités de Berkeley (Californie) ou de Princeton (New-Jersey), voire de Hokkaido (Japon), est un objectif atteint par 2iE. La victoire à Berkeley, cette année, des travaux de recherche de Niyondiko et Dembélé (un Burkinabè de 22 ans et un Burundais de 35 ans), deux étudiants-chercheurs à 2iE, en est un symbole éloquent. Ces derniers ont mis au point « Faso soap », un savon qui pourrait s’avérer être une grande avancée pour la prévention du paludisme : à la fois antibactérien et anti-moustique, il est de surcroît élaboré à partir de ressources 100 % locales.
Autre évolution majeure, un mouvement inverse à celui des décennies précédentes est en train de se produire puisque l’établissement accueille de plus en plus d’étudiants européens venant des pays de l’UE, ou encore des enseignants africains officiant en Europe ou au Canada avec dix ou quinze ans de carrière : ces derniers sont enthousiastes à l’idée d’intégrer un institut africain de ce rang ! Cette nouvelle réalité donne à réfléchir. D’autant qu’un rapport du PNUD daté de mars dernier souligne le changement qui s’opère au niveau mondial avec un rééquilibrage global plus important que celui observé pendant la Révolution industrielle : les pays émergents du Sud sont considérés aujourd’hui comme la principale force motrice de la croissance économique mondiale. « Il y a vingt ans, être en Afrique était un handicap, mais aujourd’hui, ce rapport du PNUD est un aveu cinglant : il prouve que vivre en Afrique aujourd’hui équivaut à être dans le monde de demain », soutient P. Ginies.
Par Christian Lapeyre